Rencontre avec Monica Rorvik, organisatrice du Cape Town FilmMart

En novembre sera lancé la toute première édition du Cape Town FilmMart. Monica Rorvik, son organisatrice, nous en dit plus sur cet événement et sur ce qu’il représente pour l’industrie cinématographique locale.

MonicaRorvik-HeadShot2013 sera la première édition du Cape Town FilmMart, pouvez-vous nous présenter ce nouveau marché ?

Monica Rorvik : Le Cape Town filmMart est organisé à l’occasion du Cape Town and Winelands international film festival qui se tiendra du 1 au 10 novembre. Anciennement appelé Winelands festival, il a récemment été renommé pour marquer le nouveau soutien de la ville de Cape Town. Encourager les coproductions est la prochaine étape dans l’évolution de ce festival, on essaye de créer une plateforme pour que se rencontrent projets et financements, mais aussi pour faire connaître le cinéma sud-africain et montrer que les infrastructures existent. Nous ouvrons notre marché aux représentants des 8 pays avec lesquels l’Afrique du Sud a des traités de coproduction, nous espérons avoir au moins un représentant de chacun de ces pays. Initialement les dossiers étaient à soumettre avant le 30 juin mais nous reculons de quelques semaines la date finale. C’est un nouveau marché, les gens entendent parler de nous petit à petit, nous avons besoin de temps pour cette première édition! Nous proposerons aux participants 2 jours de visites de la région du Cap et des studios, le reste du temps sera consacré aux meetings et aux masterclass.

Quel est l’objectif de ce nouveau marché? Que représente-t-il pour le cinéma sud-africain?

M.R : Un festival en Afrique du Sud n’est pas comme un festival d’Europe où vous pouvez avoir 100 000 personnes ! Nos Festival, même le festival de Durban, ne dépassent pas les 30 000 personnes. Nos festivals ne sont pas massifs, mais nous avons vraiment besoin de donner cette chance à notre industrie de se retrouver, de créer des liens. Nous devons créer et maintenir une connexion. L’industrie cinématographique est basée sur la confiance, quand une industrie fonctionne de la sorte vous vous devez de rassembler les gens, de leur permettre de se rencontrer. J’ai travaillé pour le Durban International Film Festival, le Durban FilmMart et le Talent Campus permettent une réelle connexion, même avec le reste du continent. Nous devons pousser l’industrie cinématographique vers l’avant !

Certains producteurs sud-africains vont dans de grands festivals comme Cannes, la NVFV les aides à cela et propose un programme de formation pour les préparer à ce genre d’événement. Mais nous avons aussi besoin de mettre en contacts ces producteurs avec les autres, notamment les jeunes producteurs. Les producteurs sud-africains ont intégré cette valeur d’échange, de partage des compétences, et la plupart d’entre eux jouent le jeu. Nous allons faire des masterclass dans le cadre du Cape Town FilmMart. Ce transfert de compétence passe aussi par les programmes comme le Slate Funding de la NFVF.

Comment la NFVF soutient-elle cette transmission entre producteurs ?

M.R : La NFVF a un modèle intéressant, on peut la critiquer sur certains points mais elle a toujours été attachée à développer les compétences. Elle s’inspire des modèles du monde entier, comme la France ou l’Australie, et essaye d’en prendre le meilleur. Mais elle doit surtout veiller à adapter ces modèles à notre réalité ! Nous ne pouvons apprendre que par la pratique, c’est pourquoi il est important de maintenir l’activité et de permettre aux professionnels de réaliser leurs projets. Le projet de Slate funding de la NFVF permet justement de combiner le partage d’expérience et le soutien à l’activité. Les sociétés qui en bénéficient doivent s’engager à soutenir pour chaque projet « maison », des projets en coproduction. C’est un modèle intéressant ! Nous avons besoin de partager nos connaissances, d’échanger. D’autant plus que le monde change, les modes de distribution sont bousculés par les nouveaux médias, ce qui demande un effort d’adaptation. Nous avons à ce sujet un grand travail à faire pour ce qui est de la protection intellectuelle. De nombreuses personnes cèdent la totalité de leurs droits, souvent pour des durées très longues compte tenu des changements qui ont lieux ; Personne ne peut savoir à quoi ressemblera la distribution de film dans 10 ans ! Et pourtant de telles licences existent. C’est notamment la politique que pratique M-Net avec l’African Film Library, et c’est un sujet de discorde en Afrique du Sud.

Quelle est justement la réaction des producteurs sud-africains vis-à-vis des nouveaux médias ?

M.R : Des nouvelles sources de revenus naissent avec Internet. Ce média change la manière de faire du marketing, en encourageant notamment le bouche-à-oreille, et représente une source de revenus alternative. L’argent récolter par la publicité sur Youtube, notamment pour les bandes-annonces, ne représente certainement pas grand-chose pour un producteur français, mais ici cela n’est pas négligeable ! Ça peut permettre de payer l’électricité !

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