Rencontre avec Eric Vidart Loeb, producteur exécutif du film Zulu

Ce soir sera projeté en clôture du Festival de Cannes Zulu, dernier film de Jérôme Salle et adaptation du roman éponyme de Caryl Ferey. Après avoir pris pour décor la Nouvelle-Zélande pour ses deux premiers polars (Haka et Utu), Caryl Ferey a choisi en 2008 d’explorer l’Afrique du Sud. Il entraîne le lecteur dans un pays encore hantée par l’apartheid, où deux policiers (un noir et un blanc) pourchassent le meurtrier d’une jeune adolescente. L’enquête va bouleverser la vie de ces deux hommes et les contraindre à affronter leurs démons intérieurs.

téléchargement (1)

C’est lors du tournage de Safari, le film d’Olivier Baroux, que les producteurs Eskwad (Paris) et Lobster Tree (Cape Town) ont décidé d’acheter les droits du roman et de l’adapter au cinéma. Eric Vidart Loeb (Loster Tree) était alors producteur exécutif sur Safari : « J’ai travaillé sur Safari avec Eskwad, nous avions envie de refaire quelque chose ensemble. Les producteurs d’Eskwad ont lu le roman Zulu lors du tournage de Safari, et nous avons tout de suite décidé d’acheter les droits. Nous l’avons développé ensemble pendant 2 ans – adaptation, choix des comédiens. Le film sortira en France au mois de novembre, une sortie est aussi prévue en Afrique du Sud. Il y a une attente dans ce pays, il n’est pas si fréquent de voir un grand film parlant de l’Afrique du Sud sur les écrans ».

Zulu

Eric Vidart Loeb est français, il a quitté Paris pour Cape Town il y a de cela quelques années, à la base pour « faire une saison dans l’industrie de la publicité »… Il n’est jamais reparti. « J’ai commencé ma carrière en France dans le cinéma, puis j’ai choisi de me diriger vers la production de publicité pour avoir plus de temps, être plus disponible. Mais en vivant au Cap, petit à petit j’ai eu envie de revenir vers le cinéma, j’essaye maintenant de me tourner davantage vers la production de longs métrages ».

Eric Vidart Loeb mesure tout le potentiel de l’Afrique du Sud et de son industrie cinématographique. « Il y a de très bons techniciens en Afrique du Sud, mais pas encore de véritable culture cinématographique. Des acteurs commencent à exister grâce aux séries, aux soaps, il y a aussi quelques réalisateurs mais ils ne sont pas nombreux. Par contre, les techniciens sont parmi les meilleurs au monde, beaucoup de productions étrangères ont été tournées ici, ils ont appris de tout le monde. La culture cinématographique est en train de se développer comme d’autres domaines artistiques pour lesquels l’apartheid a été une espèce de « chapeau ». La jeune génération n’a pas ce « chapeau » et on voit une créativité nouvelle émerger, ils vont faire des choses intéressantes ! Cette génération va de l’avant, ils ont une vraie liberté et pas de racines trop fortes. Il y a une énergie propre à ce type d’endroit! L’Afrique du Sud a une mauvaise image en Europe, les européens y voient surtout la violence alors que c’est un pays très particulier, où cohabitent une multitude de réalités différentes du fait d’un grand nombres de communautés, de paysages aussi…. Vous pouvez être à Cape Town, une grande ville très touristique, faire 100 km et vous retrouvez dans une Afrique du Sud totalement différente. Ce melting pot fait que le pays évolue d’une manière particulière. L’Afrique du Sud a un énorme potentiel, c’est un pays très intéressant à observer et on sent un intérêt naissant pour lui ».

Retrouver ici le making of du film!

Crédits photo: Eskwad

Publicités