Rencontre avec Patrick Walton, Shoot Away Production

262683_514175091936224_1648123446_nC’est le premier festival de Cannes pour la société de Patrick Walton, Shoot Away Production. Patrick Walton est cependant un habitué des grands rendez-vous internationaux. Membre de l’International Academy of Television arts and Sciences (Emmy Awards), il était à New-York en novembre dernier pour l’International Emmy World Television Festival. Il était également présent lors de la dernière édition de la Berlinale, « c’était très excitant d’aller à un festival de cette taille. C’était à la fois l’occasion de se rendre compte du chemin qu’il nous reste à parcourir en Afrique du Sud, et de mesurer le potentiel de notre cinéma. De nombreux producteurs sud-africains étaient présents, c’est fantastique, il y a un intérêt, une demande pour nos productions ». D’après Patrick Walton, la perception du cinéma sud-africain sur la scène internationale a changé depuis quelques années, « nous devons notamment cette évolution à des films comme Tsotsi, maintenant quand on parle de cinéma sud-africain les gens voient de quoi il s’agit ! »

La National Film and Video Foundation (NFVF) et le Department of Trade and Industry (DTI) aident les producteurs et réalisateurs sud-africains à être présents dans ces manifestations. Cela passe par un soutien financier et, pour Cannes, par l’accueil des professionnels sud-africains dans un espace dédié. « C’est une opportunité que nous n’aurions pas eu il y a quelques années. Le gouvernement commence à voir que l’industrie du cinéma peut créer de l’activité, cela prend du temps. Grâce à l’aide financière et logistique on peut se concentrer sur notre travail, sur les rendez-vous, c’est un poids en moins ». Patrick est arrivé à Cannes avec 16 rendez-vous de programmés, « c’est un bon début ! On est venu avec beaucoup de cartes de visites, c’est important de rencontrer le maximum de personnes possible, même si au final ils ne sont pas intéressés par le projet peut-être connaîtront-ils quelqu’un qui le sera…. ». Shoot Away Production vient d’ailleurs à Cannes avec trois projets, tous en développement : Dandelion, un drame sur le retour sur la terre de l’enfance, The Crease, l’histoire d’un joueur de cricket suspecté de corruption et Harbour 88, un policier avec pour décor le port de Cape Town.

Patrick Walton, producteur à Cape Town, assiste au développement de l’industrie du film dans cette région, « grâce notamment à la construction des Cape Town Studios. Nous avons tout ce qu’il faut pour accueillir les tournages : des paysages diversifiés, des studios, des techniciens… La région du Cap accueille depuis longtemps des productions étrangères, mais on note une vraie croissance de l’activité, en cinéma comme en télévision, depuis la création des studios ». Mais pour Patrick Walton, le développement le plus intéressant ne se trouve pas forcément de ce côté : « la créativité est là, nous avons juste besoin de commencer à faire nos propres films. C’est ce que nous avons envie de faire avec Shoot Away Production, produire nos propres films, les distribuer et pouvoir financer de nouveaux projets ». Cela passe par la formation des nouvelles générations de scénaristes, de réalisateurs et de producteurs. Comme d’autres sociétés de production de la région du Cap, il participe au programme FILM (Film Industry Learner Mentorship). FILM a pour vocation d’aider les jeunes professionnels à se faire une place dans le secteur de l’audiovisuel. Les entreprises les accueillent en stage et les parrainent, « ce programme donne aux jeunes l’opportunité d’apprendre, de développer des compétences, et de prendre le temps de choisir la direction dans laquelle ils souhaitent aller. C’est un beau travail de la part du secteur privé».

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