ITW Samuel Lelièvre #3: les spectateurs sud-africains

Comment s’exprime la cinéphilie des Sud-Africains ? Comment accueillent-ils la production nationale?

SL : Une cinéphilie, quand elle existe, est d’abord relative à des personnes qui soit ont une connaissance de l’évolution historique du cinéma en Afrique du Sud soit on suivit l’évolution de ces dernières années – on peut penser qu’ils sont plus nombreux dans ce dernier cas. Sachant que le cinéma hollywoodien standard monopolise les écrans du pays, une forme de cinéphilie s’exprime chez les spectateurs se déplaçant pour voir des films sud-africains ou des films sortant des cadres commerciaux habituels – qu’ils soient sud-africains ou étrangers… Dans le premier cas, une cinéphilie peut parfois s’appuyer sur les pratiques spectatorielles ou de consommation qui ont existées durant l’ère de l’apartheid – il ne faut pas oublier que l’Afrique du Sud était l’un des pays au monde où on allait le plus au cinéma… Pour la période récente, l’intérêt pour le cinéma concerne surtout la production en provenance des pays anglophones – et on peut en retrouver les effets à travers le style d’une partie de la production sud-africaine récente. On peut difficilement parler de cinéphilie dans ce cas – mais c’est la même chose ailleurs dans le monde, y compris dans les pays occidentaux. Sans pouvoir être présente de manière importante dans les réseaux de distribution, la production nationale est bien évidemment accueillie très favorablement. Des données récentes révèlent même une progression de la place du cinéma sud-africain dans les salles, avec, actuellement, les quatre films suivants à l’affiche : A Million Colours (Peter Bishai, 2011), 31 Millions Reasons (John Barker, 2011), Material (Craig Freimond, 2012), et Semi-Soet (Joshua Rous, 2012). Mais une « cinéphilie » plus profonde s’exprime surtout à travers les nombreux festivals qui sont apparus dans ce pays depuis deux décennies : c’est par ce biais qu’on peut voir des films sud-africains non-distribués en salles à côté des films indépendants étrangers. Ces festivals témoignent réellement de la créativité des cinéastes sud-africains. Je suis personnellement très impressionné par la qualité de la programmation de ces festivals.

A suivre: Le cinéma sud-africain et les cinémas étrangers

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